Résonance Contemporaine

Les Percussions de Treffort

NOUVEAUTÉ

CD#2 - LES PERCUSSIONS DE TREFFORT

50 OEUVRES - 50 COMPOSITEURS

CD#2 : "50 OEUVRES - 50 COMPOSITEURS"

Les Percussions de Treffort se sont lancées avec passion, envie, fébrilité, excitation dans cette belle et folle aventure musicale de revisiter et enregistrer l’ensemble des œuvres dédiées à cette formation, par 50 compositeurs depuis 40 années.

Ce projet discographique, qui a débuté en 2018, avec la complicité du label italien Ema VINCI, souhaite ainsi permettre, disque après disque, d’avoir une vision d’ensemble des œuvres dédiées aux Percussions de Treffort et à Résonance Contemporaine, par 50 compositeurs. La plupart des enregistrements sont réalisés dans un même studio, grâce au partenariat très précieux avec le Centre de Formation de Musiciens Intervenants en milieu scolaire (CFMI), à Lyon, conférant ainsi aux œuvres une forme d’unité sonore.

Ce présent volume livre les éléments clefs qui guident depuis l’origine les Percussions de Treffort sur les chemins de la création. Nous nous construisons à travers les rencontres que nous avons faites et celles que nous suscitons : de là naissent parfois des rencontres qui vont devenir des compagnonnages. C’est le cas notamment avec deux compositeurs présents sur ce disque. Karl Naëgelen, avec « la boîte à frissons » (2009) et Laurent Vichard avec « Soudain, là, sans prévenir » (2003-2019), deux merveilleux complices qui ont ouvert de multiples nouveaux possibles aux musiciens des Percussions de Treffort.

Le chemin, que nous accomplissons, hier, comme aujourd’hui, et les rencontres authentiques qu’il nous procure, nous modifie, nous aide à être, à exister, nous ouvre encore d’autres fenêtres sur la création. Ce qui parait inaugural dans ce type d’expérience, c’est de s’avancer ainsi ici sur la ligne de partage – de l’un à l’autre, du silence à la parole, de tous au singulier – et de donner naissance, ensemble, à une musique. C’est tout le sens et la force de cette nouvelle œuvre « Bois sur Bois sur Pierre » née de la rencontre avec Will Menter et, composée spécialement par lui, pour ce disque.

40 années de parcours, 40 années de vie, pendant lesquelles des hommes, des femmes ont contribué, à différentes étapes de ce chemin, à faire ce que sont devenues, aujourd’hui, les Percussions de Treffort et Résonance Contemporaine. « Alofa », une pièce imaginée par Alain Goudard, créée en 1991, par l’équipe première des Percussions de Treffort, composée de Patrick Peillon, Raymond Bettineschi, Pierre Bourgeois, Daniel Gruel, Susanne Reboulet, Jean-Pierre Molière. Ils appartiennent à cette histoire à travers de très nombreux actes posés. Ils nourrissent nos pensées et nous donnent l’énergie de poursuivre. Certains nous ont quittés, mais ils restent, profondément, présents dans notre mémoire. Réenregistrer aujourd’hui, « Alofa » c’est une manière de leurs rendre hommage et de poursuivre le chemin qu’ils nous ont ouvert. C’est aussi la rencontre avec une voix, incroyable, inventive, fluide, habitée, qui sonne vrai, celle Laura Tejeda, qui s’aventure depuis de nombreuses années avec cette équipe de musiciens atypiques que sont les Percussions de Treffort.

La boîte à frissons Karl Naëgelen 13’ : commande musicale de Résonance Contemporaine
Soudain, là, sans prévenir ! Laurent Vichard 9’ : commande musicale de Résonance Contemporaine
Bois sur Bois sur Pierre Will Menter 12’ : commande musicale de Résonance Contemporaine
Alofa Alain Goudard 22’43, : commande musicale de Résonance Contemporaine

1/ La boîte à frissons Karl Naëgelen, 2009

« La boîte à frissons pourrait être décrite comme « le rêve éveillé d’un accordéoniste fantôme ». Reposant sur un élément scénique important, la boîte à frissons est la musique imaginaire d’un accordéon posé à terre et… jamais joué. Voici le court argument de la pièce : l’accordéoniste entre en scène avec son instrument, se place au centre, salue, puis pose son accordéon à ses pieds et s’assoit. Après un silence, il met ses mains parallèles comme pour jouer d’un accordéon qui se trouverait sur ses genoux. Il commence alors à mimer un "tiré", puis après un court silence, un "poussé", puis après un court silence à nouveau, recommence. A chaque tiré, l’orchestre réalise de manière synchrone une inspiration, à chaque poussé, une expiration. Entre chaque respiration et inspiration, un temps d’apnée – de silence. Puis la musique commence à se décaler, se déployer cessant d’être parfaitement synchrone avec la gestuelle de l’accordéoniste.

Merci aux musiciens des Percussions de Treffort d’avoir su donner une incarnation sonore à cet accordéon fantomatique. »

Karl Naëgelen

2/ Bois sur Bois sur Pierre Will Menter, 2019

« Cette composition explore les sons élémentaires créés par deux matières qui se percutent. Un premier instrument de musique, le plus simple, est constitué de deux bouts de bois frappés ensemble. Le deuxième instrument se compose de deux morceaux de bois verticaux, reliés à un troisième par une corde, et tenu à une main. La main libre peut ainsi frapper, à l’aide d’un bâton en bois, de manière plus sensible. Pour ce petit ensemble boisé, j’ai sélectionné les branches en section elliptique plutôt que circulaire, du coup, chacun est capable de produire des accords plus ou moins dissonants.

Un troisième dispositif sonore est constitué de huit pierres plates de calcaire alignées au sol. À l’aide d’un bâton en bois, les musiciens viennent gratter et caresser sa surface rugueuse, créant ainsi des éléments sonores bruts et une musique assez complexe. »

Depuis plusieurs années ma musique est axée sur l’exploration de matière brute, proche de son état naturel - bois, pierre, eau, vent. Ou parfois transformée - ardoises accordées, céramique cuite, acier. Mis en vibration par la main humaine ou par processus mécaniques les sons interrogent comment l’oreille fait la distinction entre la nature et la musique et comment nous apprécions tous les deux d’une manière différente.

Will Menter

3/ Soudain, là, sans prévenir ! Laurent Vichard, 2003-2019

« Cette pièce a connu de nombreuses déclinaisons depuis 2003. C’est d’abord une rythmique de djembé que viennent compléter des tambours chinois, sur laquelle sont venus se poser différents solistes improvisateurs lors de nombreux concerts.

La dernière variation en date a été conçue pour ce disque : les musiciens de Treffort s’étant mis aux percussions-claviers avec pertinence depuis quelques temps, j’ai écrit la deuxième partie de cette version, soudain, là, sans prévenir, pendant les répétitions où nous nous sommes retrouvés après de nombreuses années. Avec un plaisir et une joie immenses, comme d’habitude ! »

Laurent Vichard

4/ Alofa Alain Goudard, 1990

Perdue au milieu du Pacifique Sud, juste sous l’équateur, Tuvalu est un archipel de 9 îles basses - 5 atolls et 4 îles coralliennes, dont Nuku-alofa, est la capitale du Royaume des Tonga. Presque tous les aspects de la vie dans cet archipel sont liés à l’océan qui l’entoure. Il pourvoit aux besoins de nourriture, influe sur le climat et érode la terre si précieuse. Rappel constant de bonne fortune et de fragilité, l’océan est considéré comme dangereux, imprévisible. Cet archipel a un pied ancré dans la vie contemporaine mais reste fermement attaché à ses traditions. Un mode de vie unique, simple, axé sur la famille et la communauté.

Cette situation résonnait fortement en moi, et me semblait entrer en écho, avec l’aventure humaine et musicale qui commençait à se dessiner avec les Percussions de Treffort. Les questions de fragilité, vulnérabilité, l’envie de cultiver les passerelles, les liens entre création et tradition, la force d’inventivité, l’imprévisibilité… tout cela est venu nourrir la nécessité d’imaginer une pièce comme Alofa, interprétée par les Percussions de Treffort.

Alofa a été créée lors du 10e Congrès mondial sur le handicap mental : exposition internationale, 18 juillet-12 août 1990, chapelle de la Sorbonne, Paris, en première d’un concert donné par l’Orchestre National d’île-de-France.

Sortie : CD #2 en avril 2020

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