Résonance Contemporaine

Pôle Ressources Musique Contemporaine

Résidence 2012

François Rossé

Pianiste, improvisateur, François Rossé a développé son travail autour de l’oralité et des fondements culturels et sociaux humains.

Pour l’édition 2012 de 7bis Chemin de Traverse, François Rossé conduira un travail de création avec des musiciens amateurs en situation de handicap ou non issus des ateliers ouverts de Résonance Contemporaine et des élèves et enseignants du DJAMA – Département Jazz et Musiques actuelles du Conservatoire. Une représentation de cette création sera proposée dans le cadre de la manifestation.

Au cours de cette édition, L’Ensemble de Six Voix Solistes, les enseignants et élèves du CRD proposeront au public de découvrir quelques une des nombreuses œuvres du compositeurs. Et ce sera aussi l’occasion de découvrir François Rossé pianiste, lors de la journée sonore à H2M.

"Une sorte d’Arc, où partant d’une enfance montagnarde il semble que je rejoigne à présent la montagne de l’enfance. Enfance personnelle, peut-être, mais enfance de l’humanité dans cette quête vers les sources desquelles ont surgi le bouquet de cultures différenciées. Démarche essentielle, dans mes choix d’écriture, dès les années 80. Comment l’homme, depuis les grottes préhistoriques, a t-il apprivoisé l’espace du son, en le codifiant, le ritualisant ? Tout est remis à plat : la nature perceptive acoustique, la nature du geste instrumental, la pertinence expressive d’une monodie, d’une situation polyphonique, la relation à soi-même et à l’autre... etc. Cette démarche a été essentielle, plus particulièrement dans l’environnement actuel. Les confrontations culturelles sont de plus en plus directes, physiques et imparables. Ce n’est pas un hasard que l’émergence de l’oralité soit, aujourd’hui, une puissante lame de fond qui interroge l’exclusivité scripturale de notre occident musical tout en renvoyant celui-ci à la réalité de sa propre histoire. La question pédagogique est d’une portée immense en ce qui concerne la formation de nos jeunes musiciens dès lors qu’il y a le souci, pour nos établissements, d’une mise en phase efficace avec la dynamique culturelle actuelle. Pas de « musique contemporaine » donc, mais une conception contemporaine de la musique, ce qui est très différent. Maximaliste, aussi, une œuvre pour le Trio à Cordes de Paris n’exclut pas l’écriture d’une chanson pour un cabaret alsacien. La notion acceptée de « fonction d’une musique » écarte à tout jamais des monolithismes esthétiques qui sont simplement traités comme des figures de style dans un déroulement de production variée et adaptée sans démagogie néanmoins, aux diverses situations à résoudre en réponse musicale viable. Alsacien d’origine, pouvant rêver en Allemand, en Alsacien comme en Français, les choses sont forcément relativisées et tolérées à priori. Il me paraît plus évident, face aux « soucieux fébriles de la cohérence identitaire » d’accepter l’humain comme étant un chaos en mouvement à gérer, plutôt que de le cristalliser dans un monolithe stable. Plutôt qu’aspiration centripète, je m’engagerais volontiers sur les voies elliptiques."

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